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NOUVELLE
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Sur les traces de papa
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Si elles ont eu envie de pratiquer le métier de leur père, c'est d'abord parce qu'elles ont connu un homme heureux. Rencontres.
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Par Josée Larivée
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À la pharmacie
Marianne Paré, 25 ans «Je ne comprenais pas encore le travail réel de mon père que déjà, juchée sur un petit banc, à son Familiprix, je jouais à la caissière avec de vrais clients, sous la supervision de Sissi, une employée qui est comme une deuxième mère pour moi. Je savais que je serais pharmacienne. J'ai souvenir encore de l'odeur toute particulière de cette pharmacie de mon enfance où ma mère m'amenait voir papa travailler. Il était là, derrière son comptoir, il guérissait les gens malades et moi, je le vénérais. Il n'y avait rien de plus noble à mes yeux que ce métier-là. Le jour le plus précieux à mes yeux est celui de mes 22 ans, quand il a épinglé à mon sarrau blanc un insigne en or où brillaient le pilon et le mortier. C'était son épinglette, celle que ma mère lui avait offerte, 30 ans plus tôt. À La Baie, mon père et moi sommes associés à deux autres pharmaciennes, et chaque jour me rappelle que je suis dans mon élément. J'ai beaucoup appris de mon père, et maintenant, j'ai la fierté de voir que, malgré qu'il soit une véritable encyclopédie, il apprend un peu de moi, aussi. La profession change tellement vite. Je fais le suivi auprès de mes patients et j'interviens si la médication doit être ajustée. Nous vivons à une époque où la synergie est meilleure entre les professionnels de la santé, et c'est stimulant. Mon père demeure une référence et ensemble, notre équipe est plus forte. Mais je suis sa petite fille et cela ne changera jamais. Mon père est un homme de peu de mots, mais, quand je perçois la fierté dans ses yeux, ça me touche plus que tout. Il est mon inspiration.»
Clément Paré, 54 ans «J'ai exercé un métier curatif. Ma fille est de l'ère du préventif. 90 % des médicaments que nous utilisons maintenant n'existaient pas à mes débuts, il y a 30 ans. Anciennement, on ne prévenait pas le cholestérol, et on traitait un ulcère d'estomac par la chirurgie, et non par la médication. Marianne est très proche de sa clientèle, et beaucoup plus accessible que moi à son âge. Elle a choisi ma profession, mais a façonné son chemin à sa façon. Par exemple, elle se prévaut de son droit d'émettre une opinion pharmaceutique au médecin, et n'hésite pas à rappeler le patient chez lui pour prendre de ses nouvelles! Je trouve sa pratique inspirante et j'ai appris d'elle. Elle me stimule et m'oblige à me renouveler continuellement. Ma profession m'a donné la satisfaction d'être utile à mes semblables. J'ai toujours encouragé Marianne à ne pas perdre de vue cet objectif. Ultimement, Marianne aurait pu pratiquer un autre métier; j'aurais été tout aussi fier d'elle. L'important, c'est de voir une professionnelle accomplie et heureuse. Marianne prend soin de nous, à la pharmacie. Elle est joyeuse, elle rit. Elle fait du bien aux gens. Pour un père, cela n'a pas de prix.»
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