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Famille recomposée: quand les enfants résistent
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Lorsqu'on renoue avec l'amour, on voudrait que nos mousses soient aussi enthousiastes que nous. Mais la route est parfois semée d'embûches.
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Par Nathalie Vallerand
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Les difficultés sont plus vives avec les ados, probablement du fait que tous ces changements coïncident avec une période de contestation et de recherche d'identité. Dans certains cas, les problèmes surviennent plusieurs années après la recomposition, lorsque le jeune arrive à l'adolescence. C'est le cas du fils de Sylvie, qui a maintenant 14 ans. Depuis deux ans, les accrochages sont fréquents avec son beau-père, à qui il lance régulièrement: «T'es pas mon père!» Réaction à sa situation familiale ou manifestation de l'adolescence? On l'ignore. «Ce qui est certain, c'est que l'adolescent se sert de son vécu pour s'affirmer, explique Marie-Christine Saint-Jacques. La recomposition n'est pas nécessairement la source de sa rébellion, mais elle peut constituer le prétexte idéal pour prendre ses distances.»
Cela dit, il est normal qu'un ado ait moins le goût de s'investir dans une famille recomposée, car il se prépare plutôt à quitter le nid. Il peut arriver qu'il exprime le désir d'aller vivre avec son autre parent. L'ouverture d'esprit est la meilleure stratégie. On peut lui proposer un marché: il continue de vivre avec nous pendant six mois, puis on évaluera la situation par la suite. Après avoir consulté notre ex, on peut aussi acquiescer à sa demande, en exigeant qu'il s'engage pour un certain délai: «Si tu vas vivre avec ton père, c'est au moins pour un an.» Autrement dit, pas question qu'il se promène d'une maison à l'autre au gré de ses humeurs ni qu'il se serve de cette possibilité pour faire du chantage émotif. Par ailleurs, on se rappelle que l'adolescence entraîne souvent pour les parents séparés la réévaluation de la formule de garde, qu'on vive ou non dans une famille recomposée.
Prendre son temps Pour faciliter l'adaptation de nos mousses, on y va en douceur. Avant de cohabiter, on multiplie les occasions de tisser des liens entre notre amoureux, ses enfants et les nôtres, on apprend à se connaître, on prépare notre petit monde. «J'ai attendu cinq mois avant de présenter mon amoureux à ma fille, raconte Marie-Andrée. Pendant deux ans, il n'a passé que les fins de semaine avec nous. Maxime s'est habituée à lui graduellement. Même chose pour Jean-Christian, qui ne savait pas ce que c'est que vivre avec un enfant.» Pour atténuer les tensions, Arielle et Jean-Claude ont instauré un rituel: les jeudis soir, chacun sortait seul avec ses enfants. Une initiative qu'approuve Claudette Guilmaine. «C'est un bon moyen de réconforter les enfants et de nourrir le lien particulier qui nous unit à eux.» Marie-Christine Saint-Jacques fait pour sa part une mise en garde: «Il faut veiller à ce que cela ne devienne pas une façon de fuir les conflits.» Autrement dit, oui s'il s'agit d'un moment privilégié, non si c'est en réaction à une chicane. On n'oublie pas non plus de planifier des activités plaisantes qui réunissent toute la nouvelle famille, histoire de favoriser un rapprochement et de susciter un sentiment d'appartenance entre les fratries.
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