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NOUVELLE
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Famille recomposée: quand les enfants résistent
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Lorsqu'on renoue avec l'amour, on voudrait que nos mousses soient aussi enthousiastes que nous. Mais la route est parfois semée d'embûches.
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Par Nathalie Vallerand
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Un an après être tombés amoureux, Arielle et Jean-Claude ont décidé de faire vie commune... et de former une grande famille. Avec ses deux enfants de 12 et 10 ans, elle est donc déménagée chez lui, qui avait deux ados de 16 et 14 ans. «Je voyais la vie en rose, se souvient Arielle. J'étais certaine que tout irait bien.» Quelques semaines plus tard, elle déchantait. La fille de 14 ans de Jean-Claude, en particulier, s'opposait fortement à la recomposition familiale et considérait la blonde de son père et ses enfants comme des intrus. «Elle nous dénigrait, critiquait les repas que je préparais, était mesquine, m'ignorait.» Une véritable guerre psychologique qui a duré deux ans. «J'ai souvent voulu débarquer de cette galère. Je me sentais coupable d'imposer cela à mes enfants.» En effet, même s'ils s'accommodaient tant bien que mal de leur nouvelle situation familiale, ils ne nageaient pas non plus dans le bonheur. Un jour, sa fille de 12 ans a même accusé Jean-Claude de lui avoir volé sa mère.
Des deuils à faire
Des réactions comme celles-là, la travailleuse sociale et médiatrice familiale Claudette Guilmaine en voit régulièrement. «La recomposition familiale résulte d'une décision d'adultes. Les enfants doivent s'adapter à une situation qu'ils n'ont pas choisie. Il est normal qu'ils réagissent... un peu ou beaucoup.» L'intensité de la réaction dépend de plusieurs facteurs, notamment les pertes subies. L'enfant change-t-il de quartier, d'école, de rang dans la nouvelle famille? S'il est enfant unique et habitué d'être le centre d'attention, l'arrivée d'une fratrie peut le déstabiliser. Du jour au lendemain, il doit faire face à des négociations pour les jouets et les sorties, et partager le parent qu'il avait auparavant pour lui seul. Mais il peut aussi être aux anges d'avoir enfin le frère dont il rêvait.
Le logement peut également être une source d'insatisfaction. Partager sa chambre, voir son fauteuil favori toujours occupé, se sentir à l'étroit dans sa maison, chercher en vain un peu d'intimité, voilà qui engendre des frustrations. «Emménager chez Jean-Claude a été une grave erreur, analyse Arielle. Sa maison portait en elle son histoire et celle de ses enfants. Avec les miens, je faisais une intrusion dans cet univers. L'intégration de nos deux familles se serait peut-être mieux déroulée si nous avions opté pour un lieu neutre.» C'est l'idéal, bien sûr, mais ce n'est pas toujours possible. Chose certaine, la réorganisation du territoire est une entreprise délicate. Il faut écouter les besoins de chacun, négocier, faire des compromis.
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