Lors d'une séparation, plusieurs parents optent pour la garde partagée. S'agit-il de la solution pour nous?
Par Mylen Vigneault
Au Québec, on parle de garde partagée lorsqu'un enfant habite au moins 40 % du temps chez l'un de ses deux parents, sur une base régulière. Ce mode de garde n'est donc pas, contrairement à la croyance populaire, obligatoirement une question de «50/50».Comme il n'implique pas non plus nécessairement le classique «sept jours chez maman et sept jours chez papa». Il signifie simplement que les deux parents partagent les droits et les obligations légaux reliés à l'enfant et qu'ils s'impliquent autant l'un que l'autre dans sa vie.
Comment «réussir» la garde-partagée? La garde partagée ne convient pas nécessairement à tous les parents ni à tous les enfants. De même, pour bien adapter cette façon de faire à son quotidien, on doit réunir le plus de conditions favorables possibles. Lesquelles?
La garde partagée doit être choisie, jamais imposée On ne peut pas forcer l'ex-conjoint à assumer ce type de garde, comme on ne doit pas se l'imposer si on ne se sent pas prête à l'assumer. «La garde partagée doit être consensuelle», affirme la sociologue Denyse Côté, auteure d'une recherche publiée en 2000 et intitulée La garde partagée: l'équité en question, et directrice de l'OREGAND (Observatoire sur le développement régional et l'analyse différenciée selon les sexes). Selon elle, si un des deux parents se sent obligé d'accepter la garde partagée, cette dernière n'est pas une solution.
Connaître nos motivations réelles «Une garde partagée doit être motivée par un désir sincère d'éduquer, de prendre soin de l'enfant et de l'aimer», insiste Claudette Guilmaine, médiatrice familiale et auteure, entre autres, de La garde partagée, un heureux compromis (Stanké). Si ce que l'on souhaite se résume à pouvoir contrôler son ex-conjoint ou simplement à se prévaloir de son 50 % de temps, la garde partagée risque d'être pénible pour tout le monde.