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NOUVELLE
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Un secret nous empoisonne la vie?
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Les secrets qu'on nous confie sont parfois lourds à porter, au point où on se demande si on ne devrait pas briser notre promesse de les garder pour soi.
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Par Isabelle Bergeron
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Il existe des gens qui doivent, à cause de leur métier, garder des secrets. Comment vivent-ils avec cela? Voci ce qu'ils ont à dire.
Marc-André, psychologue «C'est précisément parce qu'ils savent que ce qu'ils diront restera entre nous que les gens viennent me voir. Mais il arrive que certains secrets me dérangent, au point de devenir envahissants. Ce n'est pas toujours évident à vivre. Même en parler à des collègues de façon impersonnelle n'est pas facile, car on ne doit laisser percer aucun indice qui permettrait de reconnaître la personne. Mais on n'a pas le choix, il faut "ventiler" à l'occasion. Je crois toutefois que le secret professionnel engendre un sentiment d'isolement chez plusieurs psychologues.»
Lucie, avocate «Il m'arrive d'avoir à écouter des femmes qui se font battre, ou encore des gens aux prises avec de graves problèmes de drogue, et cela me touche. C'est parfois difficile d'être tenu au secret. Si on garde tout ça pour soi, on rentre à la maison découragé, avec l'envie de pleurer. Mais, entre avocats, il nous arrive souvent de parler de nos "cas", sans toutefois mentionner de qui on parle précisément. Ça nous aide à ne pas nous laisser miner par tout ça. Quand j'ai des clients qui vivent des situations particulièrement difficiles, j'essaie toujours de les aider, en les référant à des spécialistes par exemple. Je ne pourrais pas vivre en ayant sur la conscience le sentiment de ne pas faire mon possible.»
Aurèle, prêtre «Les prêtres sont tenus au secret sacramentel. Cela signifie que, même si une personne nous avoue avoir commis un crime, nous ne pouvons le dévoiler à quiconque. Devoir garder le silence ne m'a jamais posé de difficultés. Certains prêtres discutent de ce que les gens leur ont dit sans toutefois révéler leur nom. Mais c'est dangereux, car il faut s'assurer qu'on ne puisse jamais reconnaître de qui on parle. Moi, je préfère ne rien dire du tout, même si j'aimerais parfois demander conseil quand je doute de ce que je dois dire à une personne qui vient se confesser. Mais la population entière croit au secret sacramentel, on ne peut trahir cela.»
Catherine, travailleuse sociale Ce que je trouve le plus difficile avec le secret professionnel, c'est de ne pouvoir parler librement à mon conjoint ou à mes amies de ce que je vis. Je peux en révéler les grandes lignes, en parler de façon impersonnelle, mais jamais entrer dans les détails, sinon je risquerais de m'échapper et d'en dire plus que je ne dois. Bien sûr, je discute avec mes collègues, mais c'est à mes proches que je souhaiterais pouvoir m'ouvrir davantage à ce sujet.»
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