Développer son potentiel de résilience Bien sûr, on ne peut prévoir tout ce que la vie nous réserve, comme on ne peut prédire avec assurance notre réaction face à un imprévu douloureux. Par contre, on peut mettre toutes les chances de notre côté de façon à parer le mieux possible aux coups durs de l'existence. Ce faisant, on améliorera également notre qualité de vie.
Entretenir une bonne estime de soi L'estime de soi dépend, entre autres, du regard qu'on porte sur soi. «Une personne très sensible souffrira peut-être de cette sensibilité en se disant que les difficultés ont un plus grand impact sur elle, illustre Michel Lemay, pédopsychiatre à l'Hôpital Sainte-Justine, alors qu'une autre se dira qu'elle est chanceuse, car elle ressent les joies plus intensément. D'où l'importance de développer un regard positif sur soi, mais aussi sur la vie en général.» Les compétences qu'on acquiert et les responsabilités qu'on assume nourrissent également notre estime de soi. Ainsi, on doit s'assurer que nos activités (professionnelles, par exemple) nous valorisent et nous donnent le sentiment d'être compétente. On peut multiplier les occasions d'éprouver ce sentiment en acquérant de nouvelles compétences, par exemple en suivant des cours, en participant à des ateliers, en s'éduquant grâce à des ouvrages, etc.
Donner un sens à sa vie «Avoir des projets et des rêves favorise la résilience, affirme Alain Samson, consultant en management et auteur de La vie est injuste, et alors? Ces projets sont un peu comme une boussole, ils nous aident à garder ou à retrouver le cap quand on vit des événements "déboussolants".» Les buts, petits et grands, qu'on se fixe contribuent à nous donner le sentiment d'avoir un peu de contrôle sur notre vie. Ils lui donnent aussi, bien souvent, un sens. On doit être capable de reconnaître ce qui donne un sens à notre vie et s'assurer qu'on vit en accord avec nos valeurs et nos convictions.
Être bien entourée À cause de notre rythme de vie effréné, on tend parfois à négliger les personnes qui nous sont chères. Pourtant, elles sont un maillon important de la résilience. C'est pourquoi il est important d'entretenir nos relations amicales, familiales, etc., et de chercher à en nouer de nouvelles quand notre réseau rétrécit. Ces relations significatives, Boris Cyrulnik les nomme «tuteurs de résilience». «Certains, comme nos amis, sont implicites, mais il y a aussi des tuteurs de résilience explicites, comme un psychologue ou un groupe de soutien», explique le spécialiste.
Nourrir sa créativité La créativité est une expression de soi et de ce qu'on vit. C'est une façon d'extérioriser ce que, parfois, on ne peut mettre en mots ou même comprendre. On ne sait pas comment exprimer notre créativité? On n'a qu'à prendre un crayon et du papier et à se laisser aller! On peut en faire une activité régulière ou y avoir recours dans les moments difficiles. «L'écriture nous donne le sentiment de reprendre possession de ce qu'on vit», explique Boris Cyrulnik.
Cultiver son sens de l'humour En plus de provoquer d'agréables réactions chimiques dans notre cerveau (augmentation de la dopamine, l'hormone du bonheur), «l'humour, comme l'écriture, nous aide à prendre du recul face aux événements difficiles», note Boris Cyrulnik. Il nous aide également à refuser le rôle de victime. Évidemment, on peut mettre un moment avant d'avoir de nouveau le coeur à rire après un événement pénible. Mais on peut garder la porte ouverte à l'humour, par exemple en lisant des BD, en côtoyant des gens gais... «Après ma rupture, j'ai évité tous les films dramatiques et je n'ai regardé que des comédies!» dit Nathalie.
Gérer son stress et acquérir plus de sérénité Face à des événements dramatiques, il est bien difficile de rester calme. Toutefois, si on a développé des moyens de gérer notre stress et acquis une certaine sérénité, il nous sera plus facile de retrouver cet état. L'une des premières étapes pour y parvenir est de faire la paix avec notre passé, ce qui implique parfois de pardonner à certaines personnes. Cette démarche peut s'avérer exigeante et longue, mais elle se révélera bénéfique au bout du compte. Au jour le jour, on peut apprendre à gérer notre stress en sachant se réserver des plages de détente. «Il est important d'avoir des activités de loisir qui nous font décrocher, du travail, notamment», ajoute Suzie Bond.
Pour connaîre votre potentiel de résilience, consultez le magazine Coup de pouce de février 2007. Et pour émettre votre opinion, utilisez la fonction «COMMENTER» ci-dessous.
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