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Sauriez-vous rebondir après un coup dur?
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On affronte toutes, dans notre vie, une épreuve importante. Certaines la surmonteront et d'autres, auront du mal à s'en remettre. Pourquoi? La résilience.
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Par Isabelle Bergeron
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Un travail parfois lent Une famille marquée par la violence verbale a laissé des traces indélébiles sur Dominique. Cette violence, souvent reproduite dans ses relations de couple, a sérieusement érodé son estime de soi et sa foi en des jours meilleurs. Aujourd'hui, à 41 ans, elle vit heureuse avec un conjoint attentionné et deux enfants qu'elle adore. «Ce qui m'a aidée à rebondir, c'est la rencontre avec mon conjoint à 29 ans. Il était différent de tous les hommes que j'avais connus et il m'a insufflé le goût d'être enfin heureuse. C'est à ce moment que j'ai réellement commencé à travailler sur moi et à faire des projets de vie.»
Car la résilience ne signifie pas forcément que l'on rebondit immédiatement après un épisode malheureux. Cela peut prendre du temps, le temps de trouver ce facteur de résilience qui nous manquait. «La résilience n'implique pas de s'en sortir rapidement et sans séquelles, explique Boris Cyrulnik. Et puis, on ne peut jamais s'en sortir seul. On a besoin des autres, de relations significatives pour être résilient.» Et ces relations, comme l'illustre le cas de Dominique, se présentent parfois plusieurs années après une épreuve. Celle-ci estime que ce qui lui a permis de faire la paix avec son passé, c'est d'avoir trouvé un sens à sa souffrance. «Je fais partie des Grandes Soeurs, dit-elle. J'accompagne des jeunes qui en ont besoin, je leur donne l'attention dont j'ai manqué enfant.» Donner un sens à ce qu'on a vécu compte également parmi les facteurs de résilience. On n'a qu'à penser aux familles éprouvées par la mort tragique d'un enfant, qui, pour donner du sens à ce qui n'en n'a pas, mettent sur pied une fondation.
Ni miraculeuse ni acquise Faire preuve de résilience ne signifie pas non plus qu'on oublie. Ni qu'on ne gardera aucune séquelle. «Le traumatisme subi demeure toujours quelque part dans la mémoire, explique Boris Cyrulnik. Des événements de la vie peuvent même faire ressurgir des émotions qui y sont liées.»
Quand Marie-Claude avait 9 ans, un incendie a ravagé la maison familiale. «J'étais sous le choc, paniquée. Et j'ai été traumatisée parce que mes chats que j'adorais y sont restés, dit-elle. Ça m'a longtemps habitée, mais le fait d'en avoir beaucoup parlé, à mes amies notamment, et de me concentrer dans les sports que j'aimais, m'a aidée à passer par-dessus.» Cela dit, la jeune femme a vraiment été surprise par sa réaction quand une peur extrême l'a prise au ventre lorsqu'un nouvel incendie a brûlé une partie de son appartement, il y a deux ans. «C'était fou! J'avais le sentiment d'avoir 9 ans et de revivre cette nuit-là.»
«La résilience n'est jamais acquise, indique Sophie Lorgeau. Il ne suffit pas d'avoir été résilient une fois pour l'être toujours. La façon dont on réagit dépend aussi du contexte de notre vie actuelle - par exemple, si on vit une période où notre cercle d'amis a éclaté, il se peut qu'on ne soit pas aussi résilient face à un traumatisme.»
Sophie Bond indique également qu'on peut être résilient à une chose et non à une autre. «Un soldat peut surmonter le choc causé par la guerre, mais il pourra ne jamais s'en remettre si son amoureuse le quitte», cite en exemple la psychologue. La raison se trouve souvent dans notre histoire personnelle, qui détermine notre façon d'interpréter un événement. Par exemple, le soldat peut avoir été valorisé dans son rôle de soldat et interpréter cette période de sa vie comme héroïque et gratifiante. Mais, sensible au rejet pour diverses raisons, il vivra une séparation comme un échec, voire quelque chose de honteux. Une explication parmi tant d'autres. Boris Cyrulnik insiste: «Il n'y a pas de personnalité résiliente, seulement une série de facteurs qui contribueront à faire qu'on l'est. Et une personne qui a fait preuve de résilience n'est pas plus forte que les autres, elle a seulement eu à se battre plus fort.»
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