Une décision bien mûre Dolorès, 46 ans, deux enfants «J'ai pris la décision de quitter mon mari lorsque j'ai commencé à être sérieusement attirée par d'autres hommes. En réalité, c'est une accumulation d'insatisfactions qui m'avait menée à ce point de non-retour. Avec ma quarantaine et le bilan de vie qu'entraîne ce passage, je me suis décidée à divorcer, après 20 ans de vie commune. Je ne l'ai pas fait sur un coup de tête, la décision a mûri en moi pendant au moins deux ans avant que j'agisse. J'ai longtemps hésité par crainte de ne pas m'en sortir seule financièrement. Aussi et surtout à cause des enfants qui avaient 7 et 15 ans, à l'époque; je craignais qu'un divorce ne les traumatise. J'ai été très déprimée pendant toute ma période de doute, mais un moment est venu où il m'est apparu évident que je ne pouvais pas finir mes jours avec cet homme. C'était devenu invivable. On ne se respectait plus du tout et on ne partageait plus rien. Avec le recul, j'ai réalisé qu'au moment de notre mariage je n'étais pas assez amoureuse de lui, mais je n'osais pas reculer... Après le divorce, ma fille m'a confié qu'elle préférait la situation ainsi et mon fils, très introverti, a commencé à s'épanouir. Moi, j'ai tout de suite retrouvé ma paix et ma joie de vivre. Je crois toutefois qu'il aurait mieux valu qu'on se quitte plus tôt, quand il y avait encore un lien affectif et moins de rancoeur entre nous.»
Un soulagement Suzanne, 35 ans, deux enfants «La décision de quitter mon mari tournait depuis un moment dans ma tête, sans que je puisse l'exprimer. À un moment donné, je l'ai dit - Ouf! Enfin! - et ce fut un grand soulagement. Je me souviendrai toujours de ce moment-là. Nous avons parlé très longuement, comme nous ne l'avions jamais fait auparavant, et je lui ai avoué que je n'avais plus de sentiments pour lui et que j'étais incapable de continuer à vivre avec nos nombreuses disputes et ce mal-être qui m'envahissait. Oui, j'avais été amoureuse, mais peu à peu, après la naissance de nos enfants surtout, je n'avais plus eu l'impression d'être une femme à ses yeux. Je ne me sentais plus respectée, il n'avait plus de tendresse à mon égard et plus de reconnaissance pour tout ce que je faisais dans la maison et pour les enfants. Il a été très surpris lorsque je lui ai confié mon intention de le quitter. Il ne savait pas à quel point je souffrais parce que j'en parlais peu. Il m'a écoutée, mais sans jamais prendre sa part de responsabilité dans ce que nous étions devenus après 13 ans de vie commune. S'il avait voulu aller chercher de l'aide, j'aurais sans doute reconsidéré ma décision...»
Réconcilier les différences Geneviève, 36 ans, deux enfants «Lorsque je me suis installée avec Christian, après un an de fréquentations, j'étais sûre de mon coup. Bien que nous n'ayons pas les mêmes goûts en matière de loisirs, par exemple, je le trouvais responsable, fiable et j'étais bien avec lui. Il y a sept ans, j'ai fait une dépression et, en psychothérapie, j'ai pris conscience que je ressentais un manque dans ma vie amoureuse. Notre peu de points communs commençait à me peser, mais j'hésitais à m'en plaindre parce que Christian est le bon gars typique: gentil, bon père et, en plus, mes parents l'adorent. Est-ce que je me plaignais le ventre plein? Je l'ai convaincu d'aller en thérapie conjugale pour trouver un compromis entre son besoin sexuel, qui était très intense, et mon besoin d'épanouissement. Ça n'a pas marché comme je l'aurais souhaité, Christian n'est pas habitué à partager ses émotions. Mais nous avons fait un effort pour respecter nos différences, tout en cherchant des activités qui nous plaisent à tous les deux. Pour le reste, il me respecte assez pour me laisser la latitude de voyager avec des copines, de tripper à l'extérieur de la famille. Avec le temps, j'ai compris que Christian est un homme de famille et que ça me plaît finalement, d'avoir ce roc contre lequel je peux m'appuyer.»
Lentement mais sûrement Myriam, 36 ans, enceinte «Après quelques années de relation, je me suis sentie délaissée par Bernard. Je n'avais plus l'impression d'être aimée, et il me semblait que nos différences nous éloignaient de plus en plus. Je suis émotive et près de ma famille. Il est plutôt solitaire, rationnel et jaloux de sa liberté. À un moment, les difficultés se sont enchaînées: j'ai eu une aventure, nous chialions beaucoup l'un contre l'autre, puis ce fut à son tour d'éprouver des sentiments, bien éphémères, pour une autre femme. Pour moi, ce fut le signal d'alarme: après 10 ans de relation, je l'ai quitté pour de bon. Du moins, c'est ce que je croyais. Au départ, j'étais anéantie. Mais cette rupture a finalement été très féconde pour moi. Je me suis recentrée et j'ai réalisé que j'attendais beaucoup du couple, mais que je ne me donnais pas d'espace pour faire mes choses. Tout doucement, nous sommes redevenus amis, puis amoureux. Tous deux, nous désirions plus de respect entre nous. Nous avons aussi commencé à planifier des projets ensemble: faire du vélo, de la plongée, du ski de fond. Puis, acheter une maison, avoir un enfant. Notre relation s'est améliorée lentement, mais sûrement et je suis satisfaite. Nous partageons plus de choses aujourd'hui. Notre histoire a bien tourné.»
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