Enfant      Ado      Couple      Loisirs et fêtes      Conseils d'experts      Dossiers spéciaux      Lectures      Maternité      Trucs

NOUVELLE

Quand rien ne va plus, faut-il partir ou rester?

Quand rien ne va plus, faut-il partir ou rester?

Par Martine Batanian

Devant le malaise
En effet, aux prises avec ce questionnement déchirant, il est normal qu'on soit envahie par toutes sortes d'émotions, bien souvent contradictoires. Michel Lemieux, président de l'Association des psychothérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, mentionne la déception, la peine, la colère, mais parle surtout d'ambivalence, particulièrement quand la relation est supportable. Parallèlement au soulagement qu'on imagine à l'idée de pouvoir enfin penser à nos besoins, «on peut alors se sentir méchante de partir, traître dans notre engagement à l'autre, indique-t-il. Et peut-être aussi ressentir de la culpabilité envers les enfants et de la pitié pour le conjoint qu'on laisse ("Je ne peux pas lui faire ça, il a été si bon avec moi"). Cette ambivalence risque d'être très forte dans le cas d'une femme qui a toujours été très centrée sur le bien-être des autres, puisqu'elle trouvera incorrect d'agir pour elle-même. Mais il faut qu'elle ait confiance en son désir de mieux-être et qu'elle relativise l'effet de sa décision sur son environnement.» À bien des égards, cette remise en question du couple s'apparente, du point de vue émotif, à un processus de deuil. «Le deuil de la famille unie, par exemple, explique Élise Castonguay, même si bien souvent, lorsqu'une séparation survient, il y a déjà un moment qu'elle ne l'est plus vraiment. Le deuil d'un réseau social et d'une belle-famille, aussi.»

Autre émotion fréquente: l'angoisse d'abandon, c'est-à-dire la peur de se retrouver seule, souligne le psychologue Marc Doucet. Même l'estime de soi peut être touchée: à la longue, vivre une relation négative et dévalorisante porte atteinte à notre estime personnelle, et la décision de partir peut, dans certains cas, être entravée par ce manque de confiance.

D'autres facteurs concrets ou extérieurs encore peuvent perturber notre réflexion. Par exemple, la peur des complications financières peut nous empêcher de bouger. À l'inverse, l'excitation due à une relation extraconjugale pourrait aussi, par son aspect tout nouveau tout beau, nous faire agir sur un coup de tête.

Mais alors, sur quel sentiment peut-on se fier pour prendre la bonne décision? Sur la paix d'esprit, peut-être, qu'on ressent à l'idée de sortir ou pas de la relation. Ou sur notre espoir, notre confiance en la possibilité de voir renaître le sentiment amoureux dans notre couple. En général, on nous dira d'écouter notre petite voix intérieure et les signaux que nous envoie notre corps. Mais, plus souvent qu'autrement, les indications que nous donnent ces baromètres changent d'un jour à l'autre. «Est-ce que je fuis en partant trop vite? Est-ce que je me protège d'une blessure potentielle? Et si je reste, est-ce que c'est parce qu'il y a de l'espoir ou par peur d'être seule?» Ouf!

Pour s'épargner des maux de tête, Élise Castonguay suggère de faire la liste des avantages et des désavantages de la relation, en incluant autant le pragmatique (comme le confort financier) et l'émotif (comme le bien-être) que la vie sexuelle. Il est sans doute également bon de repenser au modèle de couple parental que nous avons eu pour déterminer comment il a pu nous influencer. «Si on a vu notre mère se faire abuser par son mari, par exemple, il est possible qu'on reprenne ce pattern-là, dit Marc Doucet. On reste marqué par ces empreintes originelles, mais on peut, par contre, apprendre à les reconnaître et les corriger.»

Concrètement, pour peser le pour et le contre, démêler les faits des émotions et mieux s'entendre, on recommande de prendre du temps en solitaire, que ce soit quelques heures volées en fin de soirée ou un week-end passé seule à la campagne ou chez une bonne copine. Si la décision reste difficile à prendre, on pourra envisager une pause et un déménagement temporaires. Toutefois, pour être vraiment utiles, ces gestes doivent être planifiés sérieusement, notamment en se fixant des objectifs et un temps précis (sur ce dernier point, les avis divergent, mais il semble deux semaines ne soient pas assez) en plus de déterminer s'il est acceptable ou non d'aller voir ailleurs pendant la séparation.


1. Le couple en question
2. Comment prendre une décision?
3. Et les enfants?
4. Témoignages
Articles

Tromper en pensée, c'est grave?

Les 7 menaces qui planent sur le couple
autres
Livres

Le Facteur émotif

Cahier d'exercices pour les adultes qui ont séché ...
autres
Vos commentaires sur cet article

La lecture de cet article m'a quelque peu boulvers...

Je suis un homme qui lit votre cronique couple cha...
ajoutez vos commentaires
autres
 autres articles
À lire aussi
Tromper en pensée, c'est grave?
Les 7 menaces qui planent sur le couple
Couple: 15 façons de se redécouvrir
Nouveau dans Famille
Ce que je célèbre cette année
Les confidences du docteur Julien
Enfant: retard de développement
Nouveau dans le site
Adopter un chien de façon responsable
Année sabbatique: comment en tirer profit?
Le voyage façon responsable
Nos concours
Recevez GRATUITEMENT le numéro
spécial "Coup de Pouce/Parents Enfants".
CLIQUEZ ICI!
Sites partenaires


En kiosque Décembre
Mois prochain

Tous droits réservés : © 2008
Un site Transcontinental 3W
Mise à jour des contenus : Magazine Coup de pouce
Optimisé pour Internet Explorer 5, 800x600