Faire le ménage... dans sa tête Pour éviter d'en arriver là, il faut prendre le taureau par les cornes et chasser ces foutus complexes qui nous minent et nous empêchent d'être heureuse au lit. «Il faut cependant commencer par se demander d'où vient le complexe, pourquoi ça nous dérange à ce point d'avoir des petits seins, pourquoi on ne voit que cela et pas nos nombreuses autres qualités», explique Mariève Ross. Quelques stratégies pour s'aider.
On arrête de faire porter le chapeau à nos complexes. C'est que ça peut être très pratique, un complexe! On peut à loisir lui imputer nos échecs amoureux («Si j'avais eu une taille de guêpe, il serait resté, c'est sûr»), et, grâce à lui, on a même une raison toute trouvée de se complaire dans notre situation en se disant que, sans lui, notre vie sentimentale aurait forcément été plus réussie. «Avant, j'attribuais tous mes malheurs à mon bec-de-lièvre, confie Juliette, 30 ans, chargée de projet. Après une longue thérapie, j'ai réalisé qu'il me servait en fait de protection contre d'éventuelles peines d'amour. Alors, je me suis jetée à l'eau. Oui, j'ai eu une grosse peine d'amour, mais j'ai aussi trouvé l'homme de ma vie.» On explique la situation à notre amoureux. «On s'assoit avec lui et on lui parle ouvertement de nos complexes, propose Laurie Betito. On choisit un moment propice (pas au lit, au moment où il se sent amoureux). On dit les choses clairement, en évitant les généralités du genre «Je ne me trouve pas belle». Cela lui permettra de nous dire ce qu'il pense de nos petits défauts. Ce qui devrait nous rassurer. En effet, «si on leur demande si nos complexes les dérangent, nos conjoints vont répondre spontanément: "Non, pas du tout!" assure Laurie Betito. C'est rare de trouver des hommes que ça embête dans une relation sérieuse.» Juste de savoir que notre conjoint nous aime telle qu'on est, on se sentira déjà plus belle, plus en possession de nos moyens. Évidemment, pas question d'y revenir sans arrêt, au risque de perdre une oreille attentive...
On se bâtit un bon réseau. «Après un accouchement ou une mastectomie, plein de femmes vont rester seules, éviter les relations sexuelles et s'isoler de plus en plus, constate Mariève Ross. Bien sûr, ce n'est pas la chose à faire.» Si on a de la difficulté à s'ouvrir à notre amoureux, peut-être des femmes qui vivent la même chose que nous pourraient-ils nous aider à dédramatiser la situation. «Quand on s'entoure de gens bienveillants et qu'on a un réseau ou un groupe où on peut parler librement, ça aide grandement et ça dédramatise notre complexe», ajoute la sexologue. On accepte que notre corps change. «Généralement, on sera un peu plus complexée à certains moments importants de notre vie: adolescence, grossesse, ménopause, etc., explique Mariève Ross. Notre corps se transforme, et on a du mal à accepter ses nouvelles formes. Pourtant, il n'y a pas d'autre solution: il y a un deuil à faire de notre ancien corps. Car on en est là: arrêter les relations sexuelles à jamais ou s'accepter.» À la ménopause, Lucette, 58 ans, s'est livrée à un petit cérémonial qui l'a grandement aidée à accepter son corps vieillissant. «J'ai trouvé une photo de moi en bikini et je l'ai l'enterrée dans mon jardin. En agissant ainsi, j'ai dit adieu une fois pour toutes à mon moi d'avant pour faire plus de place à mon nouveau moi.» Fini, les pensées négatives! On doit à tout prix cesser de se dénigrer et de ressasser sans cesse les mêmes idées noires. Dès qu'on se surprend à songer qu'on ne peut pas faire ceci ou cela parce qu'on est trop ronde ou trop rachitique, on s'arrête net. Chantal, 44 ans, travaille très fort sur son «mental» pour être plus positive et s'accepter comme elle est. «Le J'suis bonne, j'suis belle, j'suis fine, ça marche, à condition de le vouloir très fort!» dit-elle. On peut aussi faire défiler dans notre tête des images plaisantes où l'on se voit, par exemple, en train de sourire ou d'embrasser notre amoureux. Moins on accorde d'importance à nos complexes, moins ils prendront de place dans notre vie.
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