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Êtes-vous plus heureuse que votre mère?

Les femmes, aujourd'hui, sont-elles plus heureuses que leur mère? Quatre couples mère-fille ont bien voulu comparer leur situation... et leur bonheur!

Par Annie Richer

Mère sédentaire, fille nomade

Irène Boulanger-Michaud, 68 ans. Habite la même maison à Saint-Hilaire depuis 1979.
«J'ai eu Élise à 32 ans, puis Anne deux ans plus tard. Bien que mon mari et moi ayons continué de faire quelques voyages en Floride et en Californie avec nos filles - elles ont toujours été de bonnes voyageuses! -, nous avons privilégié la vie à la maison. Avec le temps, notre maison est devenue le quartier général des enfants du quartier. Ils pouvaient se retrouver 10 ou 12 à investir la salle de jeux au-dessus du garage. On avait de grosses malles remplies de vêtements; les petits se déguisaient et faisaient des pièces de théâtre. Elles ont eu du fun et moi aussi, je me suis beaucoup amusée! «Je n'ai jamais rêvé de vivre ailleurs. Moi, je suis bien au Québec: on a un coin de pays magnifique, on est gâtés ici. J'ai fait mon nid et j'y suis bien! J'ai peut-être un peu plus besoin d'avoir mon monde près de moi que ma fille, qui est bien seule et très indépendante. Bien que je n'envie pas ma fille, j'admire ce qu'elle a fait. Partir avec une bourse trop mince pour subvenir à ses besoins, si bien qu'elle a dû travailler dans un pays qu'elle ne connaissait pas, ça prend beaucoup de courage. On n'était pas vraiment d'accord qu'elle aille vivre loin de sa famille. La deuxième fois qu'elle a quitté pour Taipeh, on a tout fait pour l'en empêcher. Mon mari lui a longuement parlé pour la convaincre de rester, mais son idée était faite! Bien que ça représente un gros sacrifice pour nous, on ne peut retenir nos enfants contre leur gré. Ma fille est-elle heureuse? Sûrement, à sa façon: elle aime tellement être ailleurs. Heureuse à 100 %? Je n'en suis pas certaine... Elle sera probablement toujours tiraillée entre deux ou trois endroits. On n'aurait jamais dû l'abonner à la revue Géo lorsqu'elle était petite!» (rire)

Élise Michaud, 32 ans, vit depuis 6 ans à Taipeh (Taiwan), où elle enseigne l'anglais dans une université. S'apprête à déménager en Corée.
«J'ai toujours été intéressée par des pays comme l'Inde, la Chine, etc. Plus c'était exotique, mieux c'était. De fil en aiguille, j'ai pu rencontrer des gens qui vivaient à l'étranger grâce à l'enseignement de l'anglais. En 1999, alors que je terminais ma maîtrise, j'ai demandé, avec succès, une bourse pour aller apprendre le mandarin à Taiwan. L'occasion était parfaite. Je me suis dit: "OK, faisons le grand saut!" Après un premier séjour d'un an à Taipeh, en 1999, j'ai essayé de revenir vivre au Québec, mais ma vision des choses avait vraiment changé. Là-bas, j'avais découvert la simplicité, la liberté, les longues vacances, le plaisir de voyager dans tous ces magnifiques pays situés tout près les uns des autres (plutôt que de claquer mes économies sur un nouveau sofa) et ça m'a donné une autre perspective. Si bien qu'à mon retour au Québec je n'ai pas su renouer avec les joies matérialistes; j'avais hâte de regagner l'Asie. Je suis repartie 2 ans après.

«Si certains m'admirent, plusieurs me perçoivent comme la fille «pas branchée». J'ai souvent entendu: «À un moment donné, tu vas t'ennuyer et tu vas revenir.» Je sais aussi que mes parents s'ennuient de moi et c'est réciproque. Cependant, on se parle énormément par téléphone: vive Skype! Suis-je plus heureuse que ma mère? Hum... Ma mère a peut-être le bonheur plus facile que moi, ce que j'attribue surtout à une question de tempérament. D'autre part, bien sûr qu'il y a des moments difficiles, et je me sens alors très loin. Et ma vie ailleurs ne progresse pas au même rythme que celle de mes amies installées ici. Quand je reviens au Québec et que je vois mes amies qui ont leur deuxième ou troisième bébé, une maison et une bonne job, je les envie un peu. Mais, somme toute, je referais la même chose. Grâce à la stabilité de mes parents, j'ai eu une très belle enfance, je n'ai jamais eu peur que mes parents déménagent. Ça a peut-être joué sur la personne que je suis aujourd'hui. Je me sens vraiment libre, tout à fait moi-même et j'ai l'impression de faire exactement ce que je veux dans ma vie, et ça, pour moi, ça n'a pas de prix.»


1. Mère au foyer, fille au travail
2. Mère au travail, fille au foyer
3. Mère sédentaire, fille nomade
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Je suis restée a la maison les 5 premières années ...

Je suis âgée de 54 ans et j'ai une fille unique qu...
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