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NOUVELLE
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Êtes-vous plus heureuse que votre mère?
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Les femmes, aujourd'hui, sont-elles plus heureuses que leur mère? Quatre couples mère-fille ont bien voulu comparer leur situation... et leur bonheur!
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Par Annie Richer
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Mère au travail, fille au foyer
Jeannine St-Laurent-Boucher, 68 ans, enseignante à la retraite. «Quand je me suis mariée avec Laurent à 19 ans, j'ai démissionné de mon emploi et je suis devenue madame Laurent Boucher. J'ai vécu l'osmose. Nous avons eu quatre beaux enfants. Puis, le destin est venu brouiller les cartes. Alors que j'inscrivais Brigitte, 6 ans, à des cours de violon, la religieuse m'a proposé d'y prendre part également. Là, j'ai eu un véritable coup de foudre, si bien que j'ai décidé d'entreprendre des études afin de pouvoir enseigner le violon un jour. J'ai complété une maîtrise, et un poste d'enseignante m'a été offert dans une école à vocation artistique, poste que j'aurai occupé durant 20 ans.
Pour moi, c'était très important de me réapproprier mon identité et de me définir en tant que Jeannine St-Laurent. Ce fut difficile de concilier la tenue de la maison - ç'aurait été mal vu qu'une femme délaisse ses responsabilités traditionnelles! - et le boulot. Les fins de session étaient parfois pénibles! La vie de ma fille est très différente de la mienne. Elle a pris le nom de famille de son mari, mais cela ne l'a pas empêchée d'avoir sa propre identité. Elle accepte que tout ne soit pas parfait dans sa maison. Je ne l'envie pas, je suis heureuse pour elle. Ce qui est important pour moi, c'est qu'elle se réalise et je sais qu'elle est heureuse, car elle vit ce qu'elle a choisi de vivre. Ça ne lui est pas imposé.»
Brigitte Boucher-Paré, 44 ans, maman à la maison. «Je ne me suis jamais vraiment sentie comme une femme d'extérieur. Je suis plus à l'aise dans un modèle traditionnel, dans ma maison, avec mes 10 enfants (n.d.l.r.: âgés de 9 à 24 ans), comme une poule avec ses poussins! Ce n'est pas faute d'avoir tâté du travail. J'ai un bac en enseignement et j'ai enseigné durant un an à la maternelle. J'évoluais avec une clientèle défavorisée. J'avais déjà trois enfants et j'en attendais un quatrième. Je trouvais difficile de m'occuper des autres petits alors que les miens étaient confiés à une inconnue. C'est là que j'ai compris que je souhaitais être à la maison avec les enfants. «Ne pas avoir de carrière ne m'a jamais dérangée. Des bras d'enfants autour du cou, il n'y aura jamais une paye qui pourra égaler cela!
Mes enfants sont contents de rentrer à la maison et que ça sente la bonne soupe. De plus, c'est une sécurité pour eux de savoir que, s'ils sont malades à l'école, ils peuvent rentrer chez eux. Quant à mon mari, notre complémentarité - il pourvoie à nos besoins tandis que je m'occupe de la maisonnée - nous rend indispensables l'un à l'autre. Avoir été deux travailleurs autonomes financièrement avec peu d'enfants, chacun aurait pu prendre la poudre d'escampette au moindre différend. Or, notre situation nous oblige à travailler ensemble. «Le fait d'avoir vu ma mère travailler pendant qu'elle nous élevait m'a fait réaliser que, dans la vie, tout est une question de choix. C'est ironique, car, lorsqu'elle me questionnait sur mon mode de vie, j'avais l'impression de l'entendre me demander: "Mais comment se fait-il que tu restes à la maison alors que tu pourrais avoir le choix, le privilège d'exercer un emploi?" C'est ce qui me fait croire que je suis plus heureuse qu'elle ne l'était à mon âge, car elle a dû surmonter tellement d'obstacles pour pouvoir travailler. Je n'ai pas eu à me battre pour vivre la vie dont j'ai vraiment envie.»
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