Heureusement pour elle, Nathalie n'a rencontré dans son entourage que des réactions positives. «Quand j'ai dit à mes proches que je resterais à la maison pour élever mes enfants et qu'un jour je démarrerais ma petite affaire, tout le monde m'a encouragée.» Ayant mûri et visualisé son projet, Nathalie n'a rencontré aucune résistance intérieure quand est venu le moment de plonger. «Je n'ai pas eu de doutes et je n'ai pas eu peur, dit-elle. Et ma vie d'avant ne me manque pas du tout!»
Jasmine, quant à elle, a vécu une certaine tristesse et quelques craintes lorsqu'elle a rompu avec son amie. «C'est difficile de quitter une personne qui a été importante pour nous. On doit se faire à l'idée que tout le plaisir qu'on a eu ensemble ne se reproduira plus jamais. Il y a une certaine nostalgie de rattachée à cela, admet-elle. De plus, de façon très égoïste, j'avais un peu peur de me retrouver toute seule, car j'avais déjà très peu d'amis.» Selon la psychologue Jocelyne Bounader, «abandonner quelque chose ou quelqu'un signifie qu'on doit faire le deuil de cette partie de notre vie. Et ce qu'on quitte, le plus souvent, n'était pas négatif à 100 %.»
En allant vivre en France, Christiane laissait derrière elle sa mère, sa soeur et nombre d'amis. «Avec Internet et la caméra Web, l'idée de laisser mes proches derrière moi était moins pénible, dit-elle. Toutefois, ma mère m'en veut encore beaucoup d'être partie.» Au point où cette dernière a même dit un jour à sa fille qu'elle la voyait si peu souvent que c'était comme si elle était morte. «J'avoue que ça m'a fait un choc!» dit Christiane. Malgré cela, même si elle tente du mieux qu'elle peut d'atténuer la peine de sa mère, elle ne retournerait pas en arrière.
Cela dit, bien des femmes ne supporteraient pas une telle réaction de la part d'un proche, et certaines iraient sans doute même jusqu'à annuler leur projet de départ. À tort? Pas nécessairement, selon Francine Bélair, fondatrice de la société de formation Réalité Thérapie Pro-Action et auteure de Choisir de changer (Chenelière, 2006). «Avant de décider de prendre le large, il faut se demander quel impact cela peut avoir sur notre entourage et si on est prête à vivre avec des réactions négatives ou la désapprobation.»
Des réactions plutôt prévisibles
Si on s'apprête à tourner le dos à un conjoint ou à une amie, on ne s'attend pas à recevoir sa bénédiction! Généralement, on y est préparée. «Je savais que, lorsque je dirais à mon amie que notre relation ne m'apportait plus rien, elle serait triste ou en colère, dit Jasmine. C'était inévitable, mais j'ai quand même fait attention de le faire avec le plus de délicatesse possible.» Par contre, si on ne peut tolérer de vivre avec la désapprobation d'un proche, on a tout intérêt à travailler sur ce point avant d'aller de l'avant. «On peut se demander pourquoi on a besoin à tout prix de l'approbation des autres, dit Jocelyne Bounader. Mais, si on est ébranlée par la réaction négative d'un proche, ça ne signifie pas qu'on ne prend pas la bonne décision.»
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