6. Ce style qui me colle à la peau Envie de bouger, de prendre son envol... Mireille se sent à l'étroit dans sa peau. À l'aube de la quarantaine, elle rêve de métamorphose. Elle veut changer de style, couper ses longs cheveux, quitter ses jeans, ses souliers de course et ses vieux t-shirts pour correspondre à l'image de ce qu'elle est devenue: une professionnelle qui travaille dans un bureau BCBG du centre-ville. Elle se retient pourtant, se justifiant en disant que ses enfants et son chum ne veulent surtout pas qu'elle change.
C'est peut-être elle qui a peur du changement, qui a du mal à assumer qu'elle n'est plus l'ado qu'elle a longtemps été. Pour se défaire de cette traînerie, Mireille n'a d'autre choix que de se lancer. Elle est au bout du tremplin depuis assez longtemps, elle doit plonger, prendre tout de suite rendez-vous chez le coiffeur. Elle hésite? «Essayer, ou même louer, des perruques peut l'aider à choisir sa nouvelle tête», dit Louise Descôteaux. Il est aussi temps qu'elle prépare un sac de vêtements à donner et fasse place à la nouveauté. Impossible de tout balancer? Elle peut procéder par étapes et se défaire de ces vêtements un à un à mesure qu'elle en intègre de nouveaux. Les enfants finiront bien par s'habituer, et son conjoint sera peut-être charmé!
7. Les rancunes tenaces Elles ont la vie dure. Et pourtant, elles ne génèrent que colère, tristesse, frustration et ressentiment. Rien de positif. Christine en veut à son amie d'enfance, qu'elle a toujours écoutée, encouragée, conseillée, épaulée... Elle est encore enragée quand elle pense qu'elle est un jour partie sans l'aviser et sans laisser d'adresse. «À l'époque, elle pensait retourner vivre chez son père, avec qui elle avait de sérieux conflits. Je lui ai dit que ce n'était peut-être pas une bonne idée, et je n'ai plus jamais eu de ses nouvelles.» C'était il y a cinq ans, et Christine en rêve encore la nuit. «Je me réveille en colère», avoue-t-elle.
«Même quand on a raison, même quand c'est vrai que les autres auraient pu agir autrement, le fait de rebâcher ça ne génère que de la colère, de la frustration, du ressentiment», note Sheryl Gaudet. Alors, on fait notre deuil de la relation, on liquide ou on oublie. Si c'est trop dur, on peut se vider le coeur dans une lettre à notre amie, «une lettre qu'on s'envoie d'abord à soi-même, après avoir précisé nos intentions et s'être demandé pourquoi on a besoin de faire ça», explique Sheryl Gaudet. Quand on reçoit la lettre, on la lit. On éprouve encore le besoin d'exprimer notre hargne à notre amie? Si c'est possible, on la lui envoie, «mais sans rien attendre de sa part», précise la thérapeute. C'est un geste qu'on pose pour soi, pour se libérer.
8. Adieu la nostalgie Même quand tout va bien, Véronique ne peut s'empêcher de penser que c'était mieux avant, quand elle était enfant, quand elle était mariée, dans l'ancien appartement... Mais était-ce vraiment mieux avant? «Je voudrais jouir du présent!» s'exclame-t-elle.
«Certains ne reconnaissent les bonnes choses que lorsqu'elles sont passées, constate Sheryl Gaudet. Sur le coup, ça ne leur paraissait pas si bien que ça: ça devient beau à travers le filtre de l'idéalisation.» Chaque fois qu'elle se met à soupirer et à comparer, Véronique peut s'arrêter et se demander de quoi, dans les choses qu'elle vit là, maintenant, elle s'ennuiera dans deux ou cinq ans. Cela l'aidera à identifier les bons côtés de sa vie présente et d'en profiter davantage.
9. La peur qui fige et paralyse Peur du changement, de l'échec, de la réussite, de l'opinion des autres, d'aimer, d'avoir peur... «Si je mourais demain, je n'aurais qu'un seul regret, celui d'avoir eu peur: peur de vivre pleinement, d'oser, de me lancer, reconnaît Louise. C'est donc la peur que je veux balayer.»
Pour balayer ses peurs, il faut les confronter, explique le psychologue Lucien Auger dans Vaincre ses peurs. On le fait une peur à la fois, et à petits pas. D'abord, avant de refuser une invitation tentante mais qui nous effraie, on doit apprendre à se demander de quoi on a peur au juste. Par exemple, si on nous offre de faire un petit discours à la fête d'une amie et que l'idée de parler en public nous terrifie, craint-on de bafouiller, de se ridiculiser? On essaie ensuite d'imaginer le pire: que se passerait-il vraiment si on trébuchait sur un mot? Est-ce qu'on en mourrait? Est-ce que la fête serait irrémédiablement gâchée? Puis, on dédramatise: ce n'est qu'une petite fête, l'avenir de l'humanité n'est pas en jeu, et il s'agit de dire quelques mots gentils pour une amie, pas de faire un discours complexe d'une heure. Enfin, on se prépare bien (on peaufine notre discours, on se fait des notes) et on fonce! Plus on osera, et plus il sera facile de le faire et de passer à des gestes plus difficiles à poser.
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