Une étude réalisée en 2000 pour le compte de Santé Canada révèle qu'un adolescent sur cinq souhaitait avoir un tatouage (21 %) alors que seuls 8 % en avaient déjà un. Phénomène relativement récent, 61 % des tatouages sont observés chez les filles. «C'est vrai que la clientèle est de plus en plus féminine, plus jeune aussi», confirme Mike Pépin qui travaille dans le domaine depuis 20 ans.
Les dimensions, les formes et couleurs, la variété des tatouages est infinie même si, selon Mike Pépin, le noir demeure l'encre la plus utilisée. «On a un catalogue de 25 000 dessins, il y en a pour tous les goûts. Avant, on faisait surtout des têtes de mort, des aigles et des papillons. Maintenant, les signes chinois ou tribaux sont plus populaires, surtout auprès des filles», explique-t-il. Certains tatoueurs demandent un prix fixe par dessin (la taille et les couleurs sont déterminantes dans le prix), d'autres travaillent selon un taux horaire qui peut varier de 80 à 200 $ de l'heure.
Parents versus ado Sophie Gamelin, 27 ans, a eu son premier tatouage à 18 ans, car sa mère ne voulait pas en entendre parler avant. «Ma mère a même payé le premier! Maintenant j'en ai six, mais ils se cachent tous avec mes cheveux ou mes vêtements. Quand tu travailles dans le public, ça ne paraît pas bien d'avoir trop de tatouages. Il n'y en a qu'un que je regrette. Les autres, je les aime!»
Même si plusieurs studios refusent de tatouer une personne mineure sans avoir un consentement parental, la clientèle est de plus en plus jeune. Devant les demandes de leurs ados, bien des parents ne savent quoi répondre. Brigitte Racine, thérapeute en relation d'aide, recommande l'ouverture. «Il faut comprendre qu'à 15 ou 16 ans, de plus de choix lui appartiennent et sur lesquels je ne peux plus mettre d'interdiction. Même si j'interdis, l'adolescent peut le faire quand même. Je suis peut-être mieux de le rendre sensible aux conséquences, tout en écoutant ses arguments. Il ne faut surtout pas se braquer.» Souvent décidé sur un coup de tête, le tatouage n'est pas seulement une marque permanente, il représente aussi un risque pour la santé.
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