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NOUVELLE
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Mon ado veut prendre une sabbatique
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Nouveau phénomène: entre le secondaire et le cégep, des jeunes font une pause, question de s'aérer l'esprit pour mieux s'enligner. Normal de paniquer? Que faire pour que ce congé leur soit profitable?
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Par Suzanne Décarie
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Comme Laurence, plusieurs arrêtent parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils veulent. En fait, l'immense majorité des étudiants du collégial ne savent pas ce qu'ils feront dans la vie, et «45 % des cégépiens changent d'orientation en cours de route», souligne Louise Langevin, orthopédagogue et professeure à l'Université du Québec à Montréal. Selon elle, l'indécision n'est pas un motif valable pour laisser l'école. Car prendre un temps d'arrêt comporte un risque. Superviseure du service d'aide à l'emploi à Intégration jeunesse du Québec, Catherine Bédard reçoit des jeunes qui veulent trouver un emploi ou réintégrer le réseau scolaire après leur pause et qui se heurtent à diverses difficultés. Plusieurs regrettent de ne pas avoir écouté ceux qui leur disaient de ne pas quitter l'école. Certains ont des obligations financières (loyer, paiements d'auto, etc.) qui rendent difficile un retour aux études, même à temps partiel. «Ils devraient témoigner dans les écoles; les jeunes les écouteraient plus que leurs parents», dit-elle. Un conseil? Louise Langevin croit qu'il faut d'abord essayer de retenir les jeunes aux études. Catherine Bédard, pour sa part, invite les parents à aider leur jeune à avoir des attentes réalistes.
Arrêter pour faire quoi? «Quel est ton projet?» Voilà la grande question à poser à un jeune qui souhaite un intermède. Travailler pour amasser de l'argent? voyager? Tous les spécialistes s'entendent: pour être profitable, la sabbatique doit être structurée. Le jeune doit avoir des objectifs et des projets précis. «Il faut s'assurer que la pause n'est pas un caprice et l'enraciner dans quelque chose de concret», dit Yvon Trottier. Il ne sait pas ce qu'il fera? On l'aide à identifier ses besoins, à se fixer des objectifs, à se donner des moyens.
Faire le tour de la question On détermine la durée du congé, on fait des scénarios en examinant toutes les possibilités: travail, cours à temps partiel, programmes de formation d'emploi, stages ou cours à l'étranger, coopération internationale. «Les stages apportent une expérience formidable», constate Louise Langevin, qui a connu des jeunes transformés après avoir participé à des programmes comme Jeunesse Canada Monde, un organisme d'échange axé sur le développement communautaire et international. Hélène raconte avec enthousiasme que son fils de 17 ans s'apprête à refaire sa 5e secondaire au... Brésil. «C'est formateur! s'exclame-t-elle. Ça lui permettra d'apprendre une nouvelle langue, de mûrir et de se dégager de moi. Il a dû financer son projet. Il a même écrit au député pour avoir une subvention!» La fille de Lisanne a aussi refait une année de secondaire... en Australie, où elle habitait dans une famille d'accueil d'AFS Interculture, un programme d'échanges. «Sa décision nous a bousculés, avoue Lisanne. Mais elle était si convaincue qu'elle nous a eus. Vivre au bout du monde lui a ouvert des horizons, elle est revenue plus forte et plus décidée que jamais, et elle maîtrise parfaitement l'anglais.»
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