Gérer les tempéraments bouillants
Certains jeunes ont un caractère bouillant de nature, sont plus impulsifs que la moyenne, tolèrent moins les frustrations et s'opposent davantage à leur entourage, parfois même dès la petite enfance. Plus tard, ils ne mesurent pas complètement les conséquences de leurs gestes, sont moins sujets à l'autocritique et rejettent plus facilement le blâme sur les autres. «La capacité des parents à bien canaliser l'énergie de ces jeunes est cruciale, souligne Clément Laporte, surtout dans un environnement qui peut favoriser l'émergence de comportements délinquants (ex.: entrée au secondaire, nouveaux amis, etc.).»
Comment? Il faut apprendre au jeune d'autres façons de manifester sa frustration. Par exemple: dire calmement ce qui lui déplaît, nommer ses émotions et chercher des compromis. Du côté parental: «ne pas tolérer les comportements inadéquats, dès qu'ils se manifestent, insiste Clément Laporte. Toutefois, souvent, par ses mauvais coups, l'enfant cherche l'attention des parents. Alors, il ne faut pas lui donner de l'attention seulement lorsqu'il agit mal, mais encourager aussi, deux fois plutôt qu'une, les comportements adéquats.» «C'est lorsque les parents communiquent peu avec leur enfant, l'encadrent mal et ne sont pas assez disponibles que le jeune risque le plus d'avoir des comportements déviants», observe le criminologue Marc Leblanc, professeur retraité de l'École de psychoéducation et de l'École de criminologie de l'Université de Montréal et auteur d'ouvrages sur la délinquance juvénile. Une éducation trop permissive ou trop stricte est aussi à proscrire, explique Marie-Claude Boutet. «La première ne permet pas au jeune d'apprendre à respecter les règles, à tolérer la frustration, à attendre avant d'obtenir ce qu'il veut et à mesurer les conséquences de ses gestes.» À l'inverse, une éducation trop stricte brime l'affirmation de soi, avance-t-elle. «À l'adolescence, une partie de ces jeunes continueront d'obéir aux parents, mais certains vont littéralement exploser, se révolter et vouloir défier les règles.»
Autre erreur à éviter: ne pas être cohérent dans l'application des règles, disent les experts. Si maman dit non et papa dit oui, si maman dit oui un jour et non le suivant ou change son fusil d'épaule selon le contexte, la confusion est au rendez-vous. Si les règles ne sont pas constantes, l'adolescent ne peut pas bien les intégrer. «Si ce qu'on attend du jeune n'est pas clair, il va mettre le doigt sur nos contradictions, retenir ce qui lui convient et faire à sa guise», avance Martin Tison.
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