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Vendredi, 4 juillet

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Louisanne Lamothe-Ouellette

Infirmière, groupe INC

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Bonjour Mme Lamothe

Je prends ces quelques minutes pour vous écrire, question d'être un peu rassurée. Depuis quelques temps (cet été environ), je remarque que j'ai quasiment toujours les mamelons secs, c'est comme si j'avais attrapé un coup de soleil sur les seins et qu'ils pelaient. Il faut dire que j'ai toujours eu la peau fragile et sèche, mais c'est la première fois que je suis affectée de cette manière. Je trouve cela un peu bizarre. Merci beaucoup et j'espère avoir une réponse prochainement.

Marie:)

Les signes avant-coureurs
La majorité des femmes craignent la découverte d'une bosse: petite ou grosse, une bosse qui pourrait indiquer le début d'un enfer! Mais il existe beaucoup d'autres signes que la fameuse «bosse». Je vous invite donc à prendre connaissance des signes suivants, et à en discuter avec votre médecin.

Autres signes à surveiller
  • tout changement du contour, de la forme ou de la grosseur des seins;
  • apparence de dépression, fossette ou plissement de la peau du sein;
  • rougeur, éruption cutanée, irritation persistante;
  • déviation, rétraction ou écoulement spontané d'un mamelon;
  • nouvelles veines apparentes;
  • épaississement du tissu mammaire, comme une peau d'orange ou tout autre changement inhabituel.

    Si on soupçonne le pire…
    Il faut se rappeler que tout changement au sein n'est pas cancéreux. D'après la Fondation du cancer du sein du Québec, environ 80% des masses découvertes à la palpation aux seins sont non cancéreuses.

    La solution: le dépistage!
    Environ 40% des femmes entre 50-69 ans participent au programme de dépistage de cancer du sein au Québec, or, c'est précisément cette tranche d'âge qui est le plus à risque. Pourquoi les femmes évitent les tests de dépistage? Majoritairement, parce qu'elles ont peur des résultats!

    Les moins de 50 ans aussi à risque?
    Le cancer du sein est diagnostiqué chez des femmes de 20, 30 et 40 ans. Pourquoi frappe-t-il des femmes si jeunes? Depuis 10 ans, plusieurs équipes de chercheurs travaillent ardemment à trouver des réponses à ces questions. Voici ce qui en ressort.

    Les causes de cancer connues:
    Le tabagisme

    Il semble que dans 30% des cas, le tabac soit en cause. Selon le Dr Pollock, directeur des recherches au Centre de prévention du cancer de l'hôpital Juif de Montréal, la cigarette est très dommageable, surtout chez les jeunes femmes! «Lorsqu'une jeune fille, dit-il, de 10-15 ans fume, elle s'expose à un risque très élevé de cancer du col de l'utérus ou des seins. L'ingestion de tabac pendant les années de grands changements hormonaux chez une jeune adolescente, associée à la fragilité des cellules mammaires en développement, lui garantit, presque assurément, tôt ou tard, un cancer».

    La fumée secondaire
    Lors d'une conférence du Centre universitaire de santé McGill tenue en octobre dernier, le Dr David Fleiszer, co-directeur de la clinique du sein Cedars, expliquait que l'un des facteurs de risque les plus sournois est la fumée de cigarettes des autres.

    Les contraceptifs oraux
    Le Dr André Robidoux nous apprend, dans la parution d'octobre de Coup de pouce, qu'il avait mené beaucoup de recherches afin de déterminer si la pilule contraceptive constituait un facteur de risque. «Les études effectuées jusqu'à présent montrent qu'elle n'augmente pas le risque. Malgré tout, on le soupçonne fortement.»

    L'alimentation
    Le Dr Richard Béliveau, titulaire de la Chaire en prévention et traitement du cancer (Hôpital Sainte-Justine) nous offre ce rayon d'espoir: on peut réussir à prévenir et même aider à guérir le cancer par l'alimentation. Il démontre par le rapport de nombreuses études fondamentales, cliniques et épidémiologiques qu'une consommation accrue de produits végétaux dont les fruits et les légumes représente une composante clé dans la réduction du risque de cancer. (Béliveau, Gingras 2005) En fait, les choix diététiques peuvent influencer et supprimer le développement des tumeurs. Dans leur récent livre Les aliments contre le cancer, les deux médecins précisent qu'«une alimentation quotidienne contenant un mélange de fruits, de légumes et des boissons comme le thé vert et le vin rouge permet l'absorption d'une quantité à proprement parler thérapeutique de composés phytochimiques anticancéreux. L'apport quotidien de ces différents aliments constitue un moyen simple et efficace pour contrer le développement et la progression du cancer»

    Les clés de la prévention
    En plus d'une bonne alimentation et un sommeil adéquat, il faut absolument entreprendre une activité physique régulière et savoir gérer notre stress: rire beaucoup, méditer et mettre en pratique des techniques de relaxation, voilà quelques-unes des clés d'une bonne santé. Par ailleurs, le dépistage précoce du cancer du sein peut faire la différence: l'auto-examen mensuel des seins peut vous donner une longueur d'avance sur la maladie et vous permettre de bénéficier de nouveaux médicaments, de nouveaux traitements.


    Louisanne Lamothe-Ouellette, infirmière
    Groupe INC

    Si vous avez le goût d'en connaître plus sur le cancer du sein, l'auto-examen des seins, les ressources à consulter pour obtenir un diagnostic, consultez le service d'Info-Santé de votre CLSC.

    Louisanne Lamothe-Ouellette, infirmière / Groupe INC


    Ressources
  • Programme québécois du dépistage du cancer du sein (PQDCS)
  • Réseau québécois pour la santé du sein: entraide psychologique et morale, information, éducation, défense des droits. Expertise de femmes qui ont lutté et qui luttent encore aujourd'hui contre le cancer du sein. Tél.: 1-877-9777
  • Belle et bien dans sa peau - Tél.: 1-800-914-5665
  • Faire Face: Cedars Cancer Institute - Tél.: 514-843-1666
  • Société canadienne du cancer - Tél.: 1-888-939-3333

    Références
    Gariépy, Esther., Lynch, Lynda., Tremblay, Michel, Le dépistage précoce du cancer du sein peut faire la différence!, recueil d'information sur le cancer du sein, CLSC Pierrefonds, Québec, Canada. 1998.

    Dr André Robidoux, Un spécialiste répond à nos questions, Coup de pouce, santé, octobre 2005.

    Cousineau, Marie-Ève., Une bosse au sein: qu'est-ce que je fais?, Coup de pouce, Santé, octobre 2005.

    Béliveau, Richard, Ph.D., Gingras, Denis, Ph. D., Les aliments contre le cancer, Éditions du Trécarré, Québec, 2005.

    Pollock, Dr., Centre de prévention du cancer, Hôpital Juif de Montréal, 10 août 2005. Entrevue personnelle avec Louisanne Lamothe-Ouellette.

    Fleiszer, Dr David., Cedars CanSupport / Faire Face, Centre universitaire de santé McGill, conférence, 18 octobre 2005.
  • Veuillez prendre note que les réponses et les conseils de nos professionnels ne constituent pas un diagnostic et ne peuvent remplacer un examen complet, une visite chez le médecin ou chez tout autre professionnel de la santé. Le but de ce service n'est pas de poser un diagnostic, mais bien de donner de l'information susceptible d'aider à la compréhension d'une maladie ou d'un problème de santé.

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